Un chantier n'emploie pas le même nombre de personnes pendant deux ans. Il démarre avec une équipe de mobilisation, atteint un pic d'activité fixé plusieurs mois à l'avance, puis réduit progressivement la main-d'œuvre au fur et à mesure de la mise en service. Commander des hébergements de chantier en fonction d'un nombre unique de personnes, quel qu'il soit, signifie que la plupart des logements seront insuffisamment nombreux ou vides à un moment donné. Cet article propose une solution alternative : calculer les besoins mensuels en lits à partir du planning, les répartir en lots et intégrer cette structure de lots dans les conditions d'achat afin d'éviter que les logements en fin de chantier ne deviennent inutilisés.
Deux chiffres servent généralement à dimensionner un camp, mais tous deux s'avèrent erronés pour un projet de plus d'un an. Le pic d'occupation est facile à justifier lors d'une réunion budgétaire et sert de référence aux devis des fournisseurs. Cependant, il n'est valable que pour une partie du programme : sur un chantier de 24 mois, ce pic peut se maintenir pendant quatre ou cinq mois, laissant un camp dont le taux d'occupation chute pendant les deux tiers restants, avec les mêmes obligations en matière d'entretien, de sécurité et d'assurance.
La moyenne semble efficace sur le papier, mais elle s'avère inefficace sur le terrain, car la consommation des lits n'est pas uniforme : insuffisante aux heures de pointe et excédentaire aux deux extrémités. Le calcul de la moyenne masque également l'effet de rotation : sur un cycle de 28 jours travaillés suivis de 28 jours de repos, le camp héberge l'équipe physiquement présente sur place, ainsi que les périodes de relève, et non l'effectif salarié.
Ce n'est pas le nombre lui-même qui sert de référence. Ce par rapport à quoi vous vous basez, c'est la courbe qui se situe entre ces deux nombres.
L'organigramme indique le nombre de personnes employées par le contrat. Le programme indique le nombre de personnes présentes sur site chaque mois, ce qui est la seule donnée permettant de déterminer le nombre de lits. Construisez la courbe à partir de quatre points :
Deux ajustements supplémentaires s'ajoutent. Le recours aux sous-traitants, souvent non comptabilisés dans vos effectifs, peut représenter une part importante du pic d'activité ; il faut donc fournir les chiffres des entreprises sous-traitantes plutôt que ceux des RH. Le roulement des effectifs permet ensuite de calculer le nombre de personnes hospitalisées : un cycle de 28 jours travaillés suivis de 28 jours de repos génère un pic d'activité bien supérieur à une simple division par deux.
Un test utile : Si votre courbe présente la même valeur chaque mois, c'est qu'elle n'a pas été générée par le programme, mais copiée à partir de l'objectif d'effectifs.
La séquence plus large autour de la courbe, allant de la mixité des bâtiments à l'aménagement et aux services publics, se trouve dans le guide de planification des camps d'hébergement modulaires pour la main-d'œuvreCe qui suit est plus précis : l’effet de la courbe sur le nombre d’unités, le fret et les conditions contractuelles.
Considérer le camp comme un achat unique masque le fait que les pics et les creux de fréquentation constituent deux problèmes distincts, chacun avec sa propre solution. Le pic détermine le système permanent : les dortoirs, mais aussi le débit de la cantine, le ratio entre les sanitaires et la capacité de stockage d'eau, la capacité du générateur et le volume d'eaux usées. Ces systèmes ne s'adaptent pas facilement à une capacité réduite : une cantine conçue pour 400 personnes doit toujours être gérée par du personnel, nettoyée et alimentée en électricité lorsqu'il n'en reste que 120. C'est pourquoi un camp dimensionné en fonction d'une occupation moyenne échoue précisément lorsque le client est présent.
La partie terminale détermine l'ampleur de la dépréciation. Chaque unité encore inoccupée au 20e mois représente des frais de transport déjà engagés, des frais de stockage ou de location toujours en cours, et des frais de démantèlement non encore engagés. C'est dans cette partie terminale que l'argent disparaît discrètement, la portion de la courbe que personne n'intègre dans le budget.
La densité et le type d'unité correspondent donc à des étapes différentes. Le partage des locaux influe sur le nombre de conteneurs nécessaires lors du pic d'activité. Le type d'unité détermine l'utilisation possible de ces conteneurs une fois le pic passé.
Il existe trois solutions structurelles, qui diffèrent selon qui supporte le risque résiduel.
| Option | Unités de pointe à la fin | Ce que coûte la queue | Risque principal |
|---|---|---|---|
| Achetez pour atteindre le pic | Séjournez sur place, partiellement utilisé | Sécurité, maintenance, assurance et zone inactive au-dessus de la courbe de queue | Capital engagé au pire moment de la crise de trésorerie |
| Louez le sommet | Renvoyé à la fin du trimestre | Frais de location pour toute la durée du bail, y compris les mois de faible occupation | Aucun actif par la suite ; la disponibilité est faible sur les sites isolés. |
| Achetez pour atteindre le pic de production, prévoyez le redéploiement | Démonté pour le prochain projet | Démantèlement, main-d'œuvre, deuxième étape de transport, remplacement de ce qui n'a pas survécu au déménagement | Il lui faut un prochain projet et un type d'unité qui effectue des mouvements répétés. |
L'achat ou la location de logements sur les chantiers de construction est généralement couvert par le guide des cabanes de chantierLe point spécifique à la variation des effectifs est plus restreint : l’embauche a tendance à être préférable lorsque le pic est court et que le site est proche d’un marché de l’emploi, tandis que l’achat est préférable lorsque les effectifs restants peuvent être déplacés plutôt que stockés.
Cette troisième option n'est valable que si l'unité a été choisie à cet effet. Toutes les unités modulaires ne supportent pas une deuxième et une troisième installation de la même manière, et la différence se traduit par un nombre d'emplacements de conteneurs par déplacement et par des heures de chantier par reconstruction. guide pour le déplacement d'un camp de conteneurs Elle compare les quatre types en fonction de ces chiffres, et il est conseillé de la lire avant la période de pointe, et non après.
Les arrivées groupées impliquent un fret groupé. Le coût unitaire n'est pas un bon indicateur ; le nombre de conteneurs par envoi est le bon.
La densité de chargement varie considérablement selon le type de conteneur. D'après les données publiées pour les gammes actuelles, un conteneur pliable occupe environ dix unités par 40HQ, un conteneur empilable à montage rapide environ six, et un conteneur démontable à montage rapide environ quatorze ; un conteneur extensible à double aile de 20 pieds en charge deux par 40HC et un conteneur extensible de 40 pieds, une seule. Ces chiffres déterminent l'estimation du fret et expliquent que deux fournisseurs proposant le même nombre de pièces puissent fournir des estimations très différentes pour le nombre de conteneurs.
Le regroupement des commandes engendre des coûts fixes qui ne diminuent pas avec le volume : chaque envoi fait l’objet d’une réservation, d’un dédouanement à l’exportation, de documents et d’un transport intérieur distincts, et chaque arrivée nécessite une manutention spécifique pour la réception et le chargement. Deux lots coûtent plus cher en frais fixes qu’un seul, et la question est de savoir si le fait de ne pas payer les unités quatre mois à l’avance compense cet écart.
La superficie du site peut primer sur la trésorerie. Si l'espace disponible ne permet pas d'accueillir le pic de production avec l'espacement requis, une livraison importante risque de générer des unités indisponibles, et la structure des lots sera alors déterminée par la superficie du site plutôt que par le budget.
Les calculs ci-dessous utilisent un programme hypothétique. Les effectifs, les durées mensuelles et les chiffres relatifs au partage de chambres sont des hypothèses choisies à des fins de linéarité ; il ne s’agit ni de normes industrielles ni de spécifications techniques.
| Scène | Mois | Personnes sur place | Chambres à 2 personnes par chambre | Chambres à 4 par chambre |
|---|---|---|---|---|
| Mobilisation | 1 à 3 | 80 | 40 | 20 |
| Construction de pointe | 4 à 15 | 400 | 200 | 100 |
| mise en service | 16 à 21 ans | 150 | 75 | 38 |
| Démobilisation | 22 à 24 ans | 60 | 30 | 15 |
Avec deux unités par chambre, le pic nécessite 200 chambres. En prenant les dix unités par 40HQ publiées pour le type pliable, cela représente 20 conteneurs ; avec quatre unités par chambre, on obtient 100 chambres et 10 conteneurs. Réduire de moitié le nombre de chambres revient à diviser par deux le nombre de conteneurs, ce qui explique les vifs débats sur la densité durant les premières semaines.
La densité d'occupation des chambres ne résout pas le problème de la queue de peloton. Avec deux personnes par chambre, la mise en service nécessite 75 des 200 chambres, ce qui laisse 125 chambres vides pendant six mois ; la démobilisation en nécessite 30, ce qui laisse 170 chambres vides pendant les trois derniers mois. Avec quatre personnes par chambre, le nombre absolu diminue, mais la proportion reste identique : environ 62 % et 85 % de la capacité maximale du camp restent inoccupés. Partager les chambres réduit l'ampleur du problème, mais n'en modifie pas la nature.
C'est pourquoi le type d'unité s'adapte à la densité plutôt que de s'y opposer. Si le camp principal doit compter 200 chambres et le camp secondaire 30, la question pertinente n'est pas de savoir comment réduire la taille des chambres, mais plutôt si les 170 chambres mises hors service peuvent être évacuées du site et quel est le coût de ce déménagement en conteneurs.
Un autre levier supplémentaire se trouve du côté du sommet. L'empilement permet de réduire de moitié l'encombrement au sol pour un même nombre de lits, ce qui est important lorsque la surface du terrain plutôt que le budget est la contrainte ; voir le guide des dortoirs modulaires à deux étages.
Cette méthode suppose un programme fixe et une main-d'œuvre qui vous est propre. Quatre conditions peuvent y déroger.
Une longue rotation. Lorsque les équipes arrivent et repartent pour 28 jours, le camp est par définition à moitié plein, ce qui aplatit la courbe et remet en question l'intérêt d'une forte densité : le taux d'occupation par lit est déjà de 50 %. Une rotation courte avec un long chevauchement des relèves produit l'effet inverse.
Sous-traitants disposant de leur propre logement. Sur de nombreux chantiers, les équipes en charge des installations mécaniques, électriques et de tuyauterie arrivent avec leurs propres hébergements temporaires. Cela allège considérablement votre charge de travail, mais vous restez responsable des installations communes qu'elles utilisent. Il est donc impératif de convenir par écrit avec elles des dimensions de la cantine et des sanitaires, plutôt que de les déduire de vos effectifs.
Un programme qui n'est pas ferme. Les contrats de travaux initiaux ont souvent une durée cible sans date de fin fixe, ce qui rend difficile l'établissement d'une courbe de prix fiable. Le regroupement des travaux devient alors une option intéressante : commander moins d'unités maintenant, avec la possibilité d'en commander d'autres à un prix convenu, est généralement plus avantageux que l'achat de l'ensemble du camp en une seule fois.
Une main-d'œuvre féminine. L'aménagement sanitaire séparé modifie le nombre de blocs indépendamment des lits et des terrains, de manière fixe et non proportionnelle à l'activité. Il doit être intégré au lot de mobilisation, et non au lot de pointe.
Un plan de traitement des lots qui n'existe que dans votre propre feuille de calcul n'est pas un plan de traitement des lots. Cinq périodes comportent le risque.
Rien de tout cela n'implique que le fournisseur supporte les risques liés au projet. Il s'agit simplement de demander que la structure du lot soit visible des deux côtés avant la réservation du premier conteneur – une exigence bien plus modeste et beaucoup plus utile.
Ni l'un ni l'autre à titre individuel. Dimensionnez les systèmes permanents en fonction de la capacité maximale, car il est impossible d'augmenter ultérieurement à moindre coût la capacité des cantines, des sanitaires, des réseaux d'eau et d'électricité ; dimensionnez les dortoirs en fonction de la courbe de croissance, en comblant l'écart par le regroupement ou le relocalisation d'unités plutôt que par l'achat direct de la capacité maximale.
Il n'existe pas de chiffre unique : le délai de production dépend du modèle confirmé, de la quantité, de la personnalisation et de la date de commande, et est indépendant du transport maritime et terrestre. Définissez le modèle et le premier lot rapidement, puis planifiez les lots suivants selon un calendrier de production établi.
La densification réduit les besoins en conteneurs aux heures de pointe, mais pas la proportion de campement inoccupée en dehors de ces heures. La réalité des économies dépend des normes d'hébergement du client et des pratiques de main-d'œuvre locales, deux facteurs qui peuvent empêcher une occupation plus importante, quel qu'en soit le coût.
Souvent oui, et le type d'unité détermine sa praticité, mesurée en conteneurs par déménagement et en heures de chantier par reconstruction. Aucun nombre maximal de cycles de relocalisation n'est publié ; il est donc conseillé d'inspecter la structure, les panneaux et le plancher à chaque démontage.
Le nombre d'employés par étape, le partage des locaux, les types et quantités de bâtiments par lot, la date cible pour chaque lot, le pays du projet, les conditions d'accès au site et si les unités de queue seront déplacées.
Envoyez la courbe, pas seulement le pic.
Le décompte des effectifs par étape, le partage prévu des chambres et la date à laquelle chaque lot est nécessaire transforment un prix unitaire unique en un devis progressif qui peut être comparé.
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